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Lettre ouverte à Christian Estrosi

Monsieur le Président,

Le 23 et le 24 février prochains se tiendra à Porto au Portugal la séance plénière de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée.

Dans cette assemblée sont représentés les parlements des 27 pays riverains de la Méditerranée. Il faut noter que les élus d’Israël et de la Palestine acceptent de s’y côtoyer et de s’y parler. Nous connaissons votre intérêt, vous l’avez prouvé récemment en rendant visite à M. Netanyahou, un intérêt qui est le nôtre à tous, pour la sécurité d’Israël dans des frontières sûres et reconnues par la communauté internationale.

Ce parlement méditerranéen a reçu de l’Organisation des Nations Unies le statut d’observateur, comme seule institution représentative de l’espace méditerranéen.

Le rôle que peuvent jouer les députés et les sénateurs, les présidents de région et de département et les maires dans la vie internationale en faveur de la paix et de la coopération, n’est plus à démontrer. Notre région Provence-Alpes-Côte d’Azur située au cœur de l’arc latin et de l’espace euro-méditerranéen l’a démontré au Liban, en Algérie, en Tunisie, au Maroc comme en Italie ou en Espagne.

Votre invitation à M. Reiffers sur ces thèmes, ici, aujourd’hui, est un signe fort de votre intérêt pour la Méditerranée et pour le rôle que peut jouer notre région dans la recherche de solutions pour la paix et la coopération.

Votre communiqué du 2 novembre dernier avait clairement pris le parti, jugé alors par beaucoup comme un pari difficile, d’accueillir le siège de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée à Marseille, à la Villa Méditerranée. Vous y démontriez une bonne connaissance d’une institution qui a eu un Niçois comme premier président. C’est également la proposition que j’ai faite pour Marseille, dans le rapport au Président de la République sur « la Méditerranée des projets » que je lui ai remis en 2013. Ce rapport avait reçu son approbation comme aujourd’hui il soutient la démarche de l’APM en direction de la France et de Marseille. Il me l’a redit lors du sommet de Lisbonne samedi dernier.

Cette démarche est le fait de parlementaires représentant Israël, la Palestine, la Jordanie, l’Algérie, le Maroc, l’Italie, le Portugal et la France qui forment le bureau de l’APM.

Les représentants de ces peuples ont voté à l’unanimité, ce qui n’était pas facile face à Malte qui préside maintenant l’Union européenne, le transfert du siège de Malte en France, à Marseille, à la Villa Méditerranée.

Pourquoi Marseille ?

Parce que la France, le Président de la République, le gouvernement, les chambres de notre Parlement, au-delà des choix partisans, comme vous le dites si bien dans votre communiqué, ont voulu que soit affirmé dans un geste politique majeur ce que représente Marseille.

Comme Barcelone l’a été pour Madrid, Marseille doit être reconnue officiellement pour être la capitale française de la Méditerranée, non pas pour un an dans un domaine ou dans un autre, mais, de manière pérenne par l’éclat de son histoire, sa population, sa volonté d’ouverture et d’accueil si souvent invoquée par son Sénateur-Maire M. Gaudin.

Pourquoi la Villa Méditerranée ?

Parce qu’elle a été inaugurée par le Président du Parlement européen, Martin Schulz, et par les présidents de tous les parlements d’Europe et de Méditerranée en 2013. Parce que depuis 2013 elle a été fréquentée régulièrement par les élus de ces pays qu’il s’agisse de la tenue de leur séance plénière en 2014 ou de la MedCop en 2015 où vous étiez présent.

Lors du dernier sommet des ministres des Affaires étrangères le 28 octobre, ces mêmes parlementaires ont été présents à la Villa Méditerranée avec les membres des gouvernements et reçus par les Ministres français et marocain des affaires étrangères. Ils connaissent donc les lieux.

Pourquoi la lecture de cette lettre aujourd’hui devant vous ?

Parce que dans trois semaines, au Portugal qui va prendre la Présidence de l’APM après le Maroc, la séance plénière entérinera la décision unanime prise par le bureau à Rome.

 

Pour finir, je vous remercie Monsieur le Président, de m’avoir permis de m’adresser à vous dans cette salle où je vous ai remis ici même l’écharpe de président.

Dans cette période sans précédent, nous sommes tous très inquiets, que nous soyons de droite ou de gauche. Les Etats-Unis se sont donné un président qui gouverne par messages menaçants pour l’Europe et pour le monde sur Twitter. La Russie quant à elle n’a démontré ni en Syrie ni en Europe de l’Est une volonté de faire cesser une guerre qui a des conséquences directes sur le terrorisme et notre propre sécurité. Enfin, l’Angleterre a décidé de quitter l’Union européenne. Très inquiets pour l’avenir de l’Alliance Atlantique comme pour l’avenir de l’Europe, il me semble que tout ce qui pourra réduire la violence en Méditerranée est de notre devoir.

 

La guerre au Proche-Orient, la situation en Cisjordanie et à Jérusalem, les violences en Turquie et en Egypte, la guerre encore en Libye et au Sahel, au sud de nos pays amis et voisins, Tunisie, Algérie, Maroc, le terrorisme qui a frappé si atrocement notre pays et bien sûr votre ville de Nice, notre ville de Nice, avec une blessure qui ne se refermera jamais, les flux migratoires vers la Grèce et l’Italie et les milliers de morts en mer face aux côtes de l’Europe, le changement climatique qui risque de renforcer encore cette tentation d’émigrer ; tous ces terribles défis ne se règlent pas à Paris, à Berlin ou à New-York. Nous en avons la preuve ces jours-ci.

Nous avons tous, comme à Nice, comme à Marseille, à prendre des décisions, quand elles relèvent de nous, pour être à la hauteur des drames et répondre à l’attente de nos concitoyens, surtout en pleine période électorale et donc d’incertitude pour les Français.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, je vous serais reconnaissant, dès lors que la Région peut compter sur l’Etat, et j’imagine quel que soit le Président de la République et la future majorité nationale, de nous indiquer si vous comptez sur l’installation de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée pour affirmer le rôle de Marseille, de notre région et de la France.

 

Renforcer Marseille face à Barcelone, renforcer l’influence de la France en Méditerranée, créer un mouvement permanent du monde politique, économique et de la société civile internationale vers Marseille et un bâtiment de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est en soi un geste à la hauteur de la confiance qui nous a été faite. Toutes celles et tous ceux qui ont signé ou vont signer l’appel en ligne « Un Parlement pour la Paix en Méditerranée » croient dans ce rôle à venir de la Villa, parce que cette opportunité est unique et ne se reproduira pas, ni pour Marseille, ni pour la France.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à mes sentiments les meilleurs.

 

                                                                                                                               Michel Vauzelle

 

 

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